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10 mai 2012

Le baptême du feu


N. Sarkozy est certainement le président le plus malchanceux de la Vè République avec V. Giscard d’Estaing. Le mandat de ce dernier avait expérimenté la fin des Trente Glorieuses et deux chocs pétroliers, ainsi que leurs conséquences en termes de chômage de masse. Celui de N. Sarkozy a subi le début de la crise des subprimes dès l’été 2007, la chute de Lehman Brothers et la crise financière, la crise économique, et la crise de la dette souveraine en zone euro – inachevée. Difficile de faire pire, et encore plus difficile d’être réélu dans ces conditions. Et pourtant, je me demande si François Hollande n’est pas en passe de le détrôner, et de loin, du titre du Président le plus infortuné de la Vè République.

Car l’élection présidentielle française n’était qu’un épiphénomène le week-end dernier en comparaison de ce qui se passait en Grèce au même moment, à savoir les élections législatives. Et les résultats de celles-ci font la part belle aux partis mélenchonistes et le-penistes locaux, sans qui il sera – sauf erreur de ma part – impossible de gouverner. Or ces partis, hostiles à l’austérité et à l’UE en général, comptent rejeter les mesures de rigueur budgétaires, se privant ainsi d’aides financières de l’UE, le tout devant aboutir inéluctablement à la faillite de la Grèce, et donc à son éviction de la zone euro. C’est le scénario catastrophe, et il est tout à fait plausible. Il l’est d’autant plus que le plan de sauvetage de la Grèce, âprement négocié par les différentes parties, avait déjà une forte probabilité de tomber à l’eau malgré le concours du gouvernement technocratique – donc conciliant. Un départ de la Grèce de la zone euro serait catastrophique pour l’ensemble des pays en raison de l’effet de contagion. La plupart d’entre eux, à l’exception de l’Allemagne, sont déjà dans le collimateur des agences de notation, et le cas de Grèce serait le précédent qui convaincrait bon nombre d’investisseurs de fuir définitivement la zone euro.

C’est donc une crise de taille qui attend François Hollande, une crise même inédite dans l’histoire de l’Europe. Par ailleurs, cette crise devra être abordée rapidement étant donné que la Grèce a plusieurs émissions de dette prévues en mai et juin. Or le contexte est tout à fait nouveau pour le couple franco-allemand, « moteur » de l’Europe. Le désaccord entre F. Hollande et A. Merkel sur le pacte budgétaire est notoire, et ils ne sont pas du même bord politique. Les deux chefs d’Etat n’auront pas le temps d’apprendre à travailler ensemble et de régler leurs différends avant de devoir trouver des solutions à la sempiternelle crise grecque. L’entente entre N. Sarkozy et A. Merkel avait été un facteur de succès important dans la gestion des crises précédentes, le nouveau Président français devra donc faire preuve d’efficacité s’il ne veut pas devenir le Président de la chute de l’Euro.

Inutile de dire que cela sera très compliqué, notamment parce qu’il a été élu sur des bases vraiment démocratiques, et non pour mettre en œuvre un programme économique dicté par l’Europe. En roi du grand écart, il a réussi à convaincre qu’il réduirait les déficits publics sans règle d’or ni politique d’austérité, et avec une politique sociale expansive, une relance keynésienne, et un accroissement des effectifs de fonctionnaires. Il apparaît donc que Hollande devra vite choisir entre la préservation de l’unité européenne, notamment par son positionnement vis-à-vis de l’Allemagne, et le respect de ses engagements vis-à-vis de ses électeurs, bref entre l’austérité ou l’éclatement de l’Europe. Car la France est dans cette situation particulière qu’elle n’est pas suffisamment forte pour obtenir de l’Allemagne des concessions telles que les Eurobonds, la renégociation du pacte budgétaire ou la taxe sur les transactions financières, mais son importance économique est suffisante pour faire définitivement sombrer l’Euro en cas de crise de la dette française. Le risque est fort que le grand écart de F. Hollande se transforme en écartèlement de type Ravaillac s’il n’établit pas des priorités dans son agenda économique. La question est donc au fond de savoir qui de l’Europe ou des classes populaires à qui il promet de la « justice sociale » sera sacrifié sur l’autel de sa politique économique.

Il sera intéressant d’analyser la teneur des premiers sommets européens et des premières rencontres franco-allemandes afin d’y voir plus clair dans les priorités économiques de François Hollande, à moins qu’il fasse preuve d’une force de conviction telle qu’il arrive à emmener ses compères européens sur le chemin de sa vision de la politique économique européenne. Mais il ne faut pas oublier que pour être crédible, il faut avoir un pouvoir d’influence, et être résolu à l’utiliser si nécessaire. Or, du fait de la position relative de la France par rapport à l’Allemagne et du faible track record politique de Hollande, nous pouvons légitimement nous inquiéter de ces deux aspects, et donc de la capacité de la France à faire bouger les lignes en Europe. Ce sera le baptême du feu de Hollande, et il arrive prématurément.

Bref, de la Corrèze à l’Elysée, il n’y a qu’un pas, mais  nous ne pouvons qu’espérer pour une fois que Mao ait raison quand il dit que « l’expérience est un peigne pour les chauves ».

Et vous, qu’en pensez-vous, quelle sera la politique économique de François Hollande ? 

[répondez au sondage en haut à gauche]




Toute ressemblance avec l'article d'un grand quotidien français serait purement fortuite

17 avril 2012

Où sont passés les libéraux ?


S’il y a un inconvénient à être expatrié, il prend tout son sens pendant la campagne présidentielle : on se sent un peu a l’écart de l’émulation générée par cet événement républicain majeur où les Français choisissent leur Président. Bien que le niveau intellectuel très médiocre de la campagne en cours me console quelque peu de cet éloignement, tout de même, il reste un petit vide.

C’est pour retrouver un peu de cette effervescence que j’ai donc décidé, avec le concours du progrès technique qui permet maintenant de suivre en direct sur internet depuis l’étranger les émissions politiques en direct le temps de la campagne (heureusement parce que pour Masterchef, ce n’est pas possible), de regarder Mots Croisés ce lundi soir. A six jours du premier tour, les dix candidats étaient représentés, soit par eux-mêmes (pour le club des 2% d’intentions de vote et moins), soit par un de leurs porte-paroles/directeur de campagne (pour les autres), et leur temps de parole chronométré, le tout orchestré par un intraitable Yves Calvi, qui a appris à couper la parole depuis C dans l’air. Je suis sévère, il n’a pas été (trop) mauvais ce soir.

En réalité, l’émission confinait davantage à l’exercice de style qu’à un réel débat politique, car débattre à dix sur plusieurs sujets avec en tout et pour tout à peine douze minutes de parole chacun, cela revient un peu à faire une partie de tennis à dix sur le terrain. Et alors que mon esprit tendait à percevoir l’émission davantage comme un divertissement qu’un débat politique, j’ai soudainement été frappé par une chose : globalement la variété des opinions était représentée dans la discussion, à l’exception d’une, et pas des moindres, le libéralisme. J’ai pourtant eu un grand espoir à un moment, non sans surprise, en écoutant Nathalie Arthaud casser le consensus général autour du protectionnisme en affirmant – à raison, agrégée d’économie quand même – qu’une telle politique appauvrit les consommateurs. Espoir néanmoins rapidement évaporé lorsqu’elle a déclaré lui préférer la destruction du système capitaliste.

Oui il manquait un libéral, un vrai, tel celui qui ose défendre, de toute la force et de la naïveté de sa conviction profonde, que la destruction créatrice Schumpeterienne devrait rassurer les ouvriers qui perdent leur emploi, que le dumping social chinois n’est pas un problème – ils ne font que profiter de leur avantage comparatif, et que la crise actuelle est due à un déficit de libéralisme, et non à son excès ! Là le débat aurait été réellement démocratique ! Quand on y pense, l’absence d’un candidat libéral dans cette campagne est un phénomène vraiment étonnant. Non seulement il est surprenant qu’il ne s’en trouve aucun pour défendre le système en place (qui est un système libéral après tout), mais cela l’est d’autant plus qu’il s’en trouve en face plusieurs à prôner sa destruction. Regardez, il y a au moins 2,75 équivalent-candidats antilibéraux [1 x (Arthaud + Poutou) + 0,5 x Mélenchon + 0,25 x Joly], et encore en étant conservateur sur les pondérations. Les deux premiers disent d’ailleurs exactement la même chose, ce qui fait in fine un sacré écho. L’antilibéralisme semble même avoir gagné tous les partis. Le banquier et les actionnaires sont les ennemis bien au-delà les frontières de l’extrême gauche et tous les candidats sans exception se plaisent à vanter l’Etat protecteur face à la tyrannie des banques et des marchés.

Le dernier vrai candidat libéral à l’élection présidentielle française était Alain Madelin en 2002, personne n’a pris la relève depuis. Les idées persistent au sein de groupes politiques divers et associations, mais aucune figure n’a pour le moment réussi à émerger afin de défendre la vision libérale et de tenter de montrer que la crise du modèle ne signifie pas pour autant la fin de celui-ci. Si je ne suis pas moi-même, à proprement parler, un défenseur de l’orthodoxie libérale, je dois avouer avoir un petit pincement au cœur à ne voir personne incarner la voix du libéralisme.

Il ne faut pas oublier que le libéralisme est né d’une foi profonde dans la capacité de l’homme à être l’artisan de son propre progrès, non parce qu’il se bat mais parce qu’il échange. L’homme est intrinsèquement bon et aspire à la liberté, d’après les libéraux, et dans la recherche de son propre bien-être, il substitue l’échange économique au rapport de force physique, dans l’intérêt de tous. Le libéralisme ne s’arrête d’ailleurs pas à l’économie et a investi le champ de la politique : il n’est pas étranger aux principes fondamentaux sur lesquels sont bâtis les Etats de droit et les démocraties modernes. Il sert aussi de fondement à plusieurs courants des relations internationales, et notamment celui qui a créé le principe de sécurité collective – auquel même les partis les plus à gauche sont attachés. Cette dimension politique du libéralisme est d’ailleurs souvent oubliée en France, alors qu’outre-manche et ou outre-atlantique, le qualificatif liberal a une connotation clairement de gauche, en opposition à conservative, résolument de droite.

L’amour de la liberté n’est au fond ni de gauche, ni de droite, et la logique voudrait que cet amour transcende les partis dans une élection aussi importante que celle qui a lieu dimanche. Après tout, notre liberté ne s’arrête que là où commence celle des autres. L’homme aspirerait donc naturellement au libéralisme, puisqu’il ne peut fonder son bonheur et son bien-être sur autre chose que la liberté. Mais l’absence de libéral assumé et la haine du libéralisme affichée dans cette campagne sont en réalité moins dues au refus de liberté qu’à la haine des dérives d’un système aux principes souillés par la cupidité et l’immoralité de quelques uns, diffusant tout autant la pauvreté pour un grand nombre que la richesse pour une minorité. Le candidat libéral absent concentre ce ressentiment général contre ce système plein de promesses mais générateur de déceptions et frustrations, si beau dans les livres mais si injuste en apparence.

On serait tenté de croire que l’absence d’un candidat résolument libéral marque le début de la fin du libéralisme. Mais je suis, personnellement, convaincu du contraire : ce candidat est bel et bien présent, et il l’est d’autant plus qu’il n’est pas assimilé à un visage. Il est en réalité caché au milieu de tous les autres ; dans Sarkozy et Hollande dont les partis ont contribué à consolider depuis plus de trente ans le système libéral actuel ; dans Bayrou, qui a une vision du produire français par la compétitivité et non le protectionnisme ; dans Arthaud, qui refuse aussi le protectionnisme (je plaisante) ; dans Dupont-Aignan, Le Pen et Mélenchon, peu avares de compliments et d’admiration envers les petits entrepreneurs, sources d’innovation et créateurs d’emploi ; dans Cheminade, défenseur du Nucléaire etc. Et puis, rappelez-vous que la France était censée élire DSK. Au milieu des relents populistes et protectionnistes, la plupart des candidats sont et restent, inconsciemment peut-être, les candidats d’un système dont ils ont assimilé et parfaitement accepté les principes. Ils sont la nième génération de politiciens qui font la pêche aux voix avec un discours contre le système, mais qui s’aligneront avec lui une fois élus.

Certes Louis XVI est le roi qui a tué la monarchie en France ; certes des élections ont déjà amené des dictateurs ; mais ce serait nier les ressorts de notre système libéral – notamment dans notre inconscient individuel et collectif – de croire qu’il assiste, de manière impuissante, à l’avènement inéluctable de celui qui va le bouleverser. En effet, celui-là devra d’abord assumer, devant l’opinion, la dégradation probable de notre appareil économique, créateur de richesses, ce qui est durablement impossible. C’est l’un des grands paradoxes de la France d’être l’un des derniers pays communistes du monde où le libéralisme a encore de beaux jours devant lui.

Bref, libéraux, vous pouvez dormir tranquille, même pas besoin de candidat.

14 avril 2012

« Les sondages m’ont tuer », signé : l’élection


La question des sondages fait partie de ces thèmes si singuliers qui ont cette capacité incroyable à revenir sur le devant de la scène à chaque échéance électorale, et à quitter cette même scène médiatique sans avoir engendré la moindre réforme ou le moindre changement au sein du système. Les sondages, c’est un peu comme les criminels qui se retrouvent inexplicablement libres : on sait qu’ils sont nuisibles, qu’ils devraient certainement être encadrés, mais ça n’est pas le cas. Pourtant, la question mérite réellement d’être posée : les sondages faussent-ils les élections ?

Dans un monde où l’on qualifie de démocratie n’importe quel système où il y a une élection libre, l’élection est l’instrument démocratique le plus précieux, le mieux à même de transformer la volonté du peuple sous forme de pouvoir. Une multitude d’associations et d’organisations nationales et transnationales, traquent toutes les formes d’irrégularités lors d’élections diverses et variées, mais aucune ne fait preuve du même activisme forcené pour faire de la question des sondages un vrai débat de société.

Le constat initial est simple : les sondages ne sont pas que des indicateurs de l’état de la campagne. Au contraire, ils sont, comme diraient les Anglo-saxons, un « input », c'est-à-dire un des multiples paramètres pris en compte par les preneurs de décisions divers pour faire leur choix, l’ « output ». Le terme de « baromètre », souvent employé par les médias pour parler des sondages, est une énorme imposture, dans la mesure où le baromètre n’influe pas sur le temps qu’il fait. Les sondages sont des simulations d’élection élaborées à partir de méthodes plus ou moins obscures et censées donner le résultat de l’élection au cas où celle-ci aurait lieu à l’instant t.

Cela déroule le tapis rouge à une campagne qui n’est pas proactive, où les candidats vont vendre leurs idées aux citoyens, mais réactive, où ces mêmes candidats calibrent leurs choix stratégiques à l’instant t+1 en fonction des résultats du sondage paru en t. Il en est de même pour les votants, qui intègrent un calcul supplémentaire dans leur processus de décision de vote consistant à pondérer leurs choix potentiels par des probabilités issues directement des sondages. Il y a fort à parier que la conséquence de ces deux effets sur le résultat de l’élection ne soit pas négligeable. Ce mécanisme renvoie à celui de la théorie des jeux, où la prise de décision des agents n’est pas le résultat d’un processus indépendant, mais d’un raisonnement systémique, prenant en considération les comportements possibles des autres acteurs du système. Je ne suis pas un spécialiste du sujet, mais vous aurez compris où je veux en venir. Les sondages consacrent la transformation de l’élection démocratique en un vaste calcul, où l’élection n’est plus le moyen par lequel un candidat est choisi par les citoyens, mais une forme de jeu où le vainqueur est celui qui a simplement gagné le plus de voix. L’essence de la politique est de faire des choix, il y a donc un effacement du politique quand les sondages substituent le calcul à ces choix.

L’avènement de Ségolène Royal en 2007 en tant que candidate du Parti Socialiste à l’élection présidentielle suscite de nombreuses questions, étant donné qu’elle n’incarnait à ce moment aucune tendance ou mouvance au sein de son parti, n’occupait pas de fonction particulière qui lui aurait permis d’émerger en tant que représentante plus compétente ou capable qu’un ancien Premier Ministre (L. Fabius) ou qu’un éminent économiste ancien Ministre de l’Economie et des Finances (D. Strauss-Kahn). Le seul paramètre qui la démarquait de ses concurrents était qu’elle apparaissait dans les sondages comme celle ayant le plus de chances de battre N. Sarkozy au second tour d’une élection qui était encore lointaine. Qui aurait été le candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2007 dans un monde sans sondages ? Que se serait-il passé par la suite ?

Autre exemple, la vacuité intersidérale de la campagne actuelle où le débat sur la vision des candidats pour la France est totalement absent. La vision, le projet à long terme, tout ça n’a rien de concret. Le concret, c’est chez qui on va chercher les voix. Chez Mélenchon ? Allez hop, un petit coup de « mon ennemi c’est le monde de la finance » ? Chez Le Pen ? Un peu d’immigration… La campagne est rythmée par les sondages, les hausses, les baisses, les tendances, les renversements de tendance etc., ce qui étouffe le débat politique, la confrontation des projets étant donné que tout est analysé à l’aune de l’effet recherché dans les sondages. Ceux-ci imposent une grille de lecture électoraliste de la politique et poussent les candidats à adopter la même (im)posture. Et en plus, ils se plantent tout le temps...

Je ne sais pas à quelle conclusion est arrivée l’armée de sociologues du CNRS ou de l’EHESS payés par le contribuable pour réfléchir à ce genre de questions, mais ce qui inquiète le citoyen lambda que je suis n’est pas tant l’existence même des sondages que la place qui leur a été donnée par les médias. Les sondages ont été érigés en « système » par des médias qui y voyaient là le moyen de pouvoir faire rentrer la politique dans le moule de leur spectacle. Grâce au « système sondage », on peut découper les thèmes, isoler les idées et les sujets, catégoriser les votants, adapter l’analyse politique au format du véhicule d’information, et non l’inverse. C’est le privilège de détenir le soi-disant pouvoir de dire « les Français pensent que… ».

Les directeurs d’instituts de sondages sont devenus les commentateurs attitrés de la vie politique. Le XXè Siècle était le siècle des Intellectuels, ceux qui se levaient et montaient à la Tribune pour parler non pas au nom du Peuple, mais pour le Peuple. Les instituts de sondages se sont aujourd’hui substitués aux Intellectuels en tant que représentants et communicants des aspirations profondes des Français. Ce sont eux qui détiennent la clé de compréhension de l’opinion publique et deviennent par là les intermédiaires obligés entre les Français et des politiciens qui cherchent à les séduire. La place grandissante des sondages est un symptôme supplémentaire de la crise politique en gestation, qui n’attend plus qu’une occasion pour éclater. L'élection se meurt, piégée dans l’étau de la technocratie et du marketing électoral, mais a eu le temps de laisser ce mot : « les sondages m’ont tuer »…